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Laboratoire ODIC

Prothèses Complète réalisées en Françe

Réglage des bords du PEI

Réglage des bords du PEI

Le deuxième travail du praticien, une fois le soutien esthétique facial assuré, est le réglage minutieux des bords du PEI pour que ceux-ci n’interfèrent pas sur le jeu extrême de la musculature fonctionnelle. La chronologie du réglage des bords est importante, car des interférences multiples peuvent agir sur la stabilité et la rétention du PEI. Toute surextension ou surépaisseur est repérée, puis corrigée par meulage à l’aide d’une fraise de gros diamètre tournant lentement.

Le patient étant détendu, les surextensions et surépaisseurs vestibulaires des bords du PEI sont recherchées en bouche. Le réglage concerne d’abord la hauteur des bords de manière à ce que la ligne de réflexion muqueuse soit visible et n’interfère pas avec les bords du porte-empreinte maintenu en place lorsque la musculature au repos des lèvres et des joues est tendue à l’horizontale à l’aide d’un miroir dentaire (fig. 2 et 3). Le réglage se poursuit en épaisseur de façon à harmoniser, au niveau des bords, le soutien esthétique facial appréhendé lors du réglage du soutien du bourrelet. Ainsi, un bord trop épais provoquant des distensions disgracieuses est réduit en épaisseur, Néanmoins, ces bords doivent offrir un support efficace pour les matériaux d’enregistrement du joint périphérique. Aussi, lorsqu'ils sont fins et laminés, ils sont légèrement épaissis. Au niveau des freins et des brides, les bords largement dégagés sont amincis de façon à améliorer leur libre jeu fonctionnel (fig. 4). On vérifie que la limite postérieure s’établit très légèrement en arrière de la ligne de flexion du voile et recouvre les replis muqueux tendus par les ligaments ptérygo-mandibulaires.

fig. 2 - Bords du PEI avant réglage.
Bords du PEI avant réglage
fig. 3 - Bords du PEI après réglage.
Bords du PEI après réglage.
fig. 4 - Échancrure du bord du PEI
libérant le jeu physiologique des freins et des brides.
Échancrure du bord du PEI

À ce stade, le PEI doit pouvoir rester en place, au repos, sur sa surface d'appui. S'il n'est pas retenu, il faut suspecter un mauvais réglage de la hauteur des bords vestibulaires ou une erreur d’empreinte primaire (sous-extension importante ou compression avec déplacement d’une zone de la surface d’appui par le porte-empreinte du commerce qui provoque un effet de ressort), Une série de tests mécaniques, associée à des mouvements et des mimiques est alors classiquement évoquée pour mettre en évidence les interférences du jeu fonctionnel de la musculature périphérique et des organes paraprothétiques sur les bords du PEI :

le patient est invité à ouvrir la bouche au maximum comme s’il simulait le bâillement, puis à faire des mouvements de latéralité. Si le PEI est désinséré, la zone à rectifier se âitue au niveau para ou rétro-tubérositaire (fig. 5). L’ instabilité peut provenir soit d’une surextension vestibulaire ou postérieure à cet endroit soit d'une surépaisseur des bords qui interfère avec la face interne du processus coronoï-de de la mandibule et mobilise le PEI dans les mouvements de diduction

fig. 5 - Zones sollicitées par l’ouverture buccale maximum
et le bâillement.
Zones sollicitées par l’ouverture buccale maximum

diverses mimiques sont ensuite demandées au patient pour actionner les muscles peauciers impliqués dans la mobilisation du vestibule jugal, tout particulièrement les muscles buccinateur et releveur de l’angle de la bouche, Il s’agit de simuler le rire forcé et, si une instabilité est décelée, elle concerne des surextensions des bords dans la région prémolaire et molaire (fig. 6)

fig. 6 - Zones sollicitées par le rire forcé.
Zones sollicitées par le rire forcé

afin de contrôler le réglage dans la zone du vestibule antérieur, le patient est prié de réaliser une protraction des lèvres en mimant le baiser ou le sifflement. Ce sont les muscles peauciers responsables de la mobilisation du vestibule labial qui sont activés et principalement l’orbiculaire des lèvres, Les corrections à apporter en cas de désinsertion du PEI sont localisées à la région antérieure et au niveau du frein médian (fig. 7)

fig. 7 - Zones sollicitées par la protraction des lèvres
(siffler, mimer le baiser).
Zones sollicitées par la protraction des lèvres

Zones sollicitées par les mouvements fonctionnels du voile
fig. 8 - Zones sollicitées par les mouvements fonctionnels du voile
(souffler par le nez lorsque les narines sont pincées).

Le réglage physiologique des bords du PEI est avantageusement complété par l’utilisation en plusieurs étapes de matériau polyéther de haute viscosité (Perma-dyne® haute viscosité de Espe) et moyenne viscosité (Impregum® de Espe). L’objectif est de déceler toute interférence fonctionnelle à l’aide du matériau polyéther qui peut être déposé sans s'écouler (à la spatule ou au mélangeur automatique) sur toute la périphérie du PEI et modelé aux doigts humides. Une fois le PEI mis en bouche, les mouvements fonctionnels extrêmes sont demandés au patient, puis la polymérisation du produit est attendue bouche entrouverte, en position de repos. Ce type de matériau permet l’enregistrement précis de la limite fonctionnelle sans surextension ni surépaisseur, garant d’une sustentation et d'une rétention optimales. Ces possibilités s’expliquent par les propriétés thixotropiques de ces matériaux qui les rendent aptes à mouler les volumes déterminés par la physiologie en adaptant leur comportement aux forces développées par la musculature para-prothétique. Ces propriétés leur permettent d’une part d’objectiver les surextensions et les surépaisseurs en s'éliminant complètement lorsqu’il y a une interférence entre le bord du PEI.

fig. 9 - Mise en évidence et correction des zones de surextension ou de surépaisseur.
fig. 9 - Mise en évidence et correction
des zones de surextension ou de surépaisseur.

• enfin, le bord postérieur du PEI est réglé de façon à recouvrir la zone du joint postérieur, mais doit permettre également les mouvements fonctionnels du voile du palais (élévation, abaissement, vibration) (fig. 8). La ligne de vibration antérieure du voile, décrite par Silverman située à la jonction palais dur-palais mou, est localisée à la palpation avec un brunissoir et peut être matérialisée en faisant souffler par le nez, narines pincées. Il faut vérifier l'extension du PEI dans cette région, bouche ouverte, en repérant et matérialisant au crayon à l’aniline la ligne de vibration postérieure du voile que Silverman met en évidence par la prononciation claire et prolongée de « Ah ». Dans les cas fortement résorbés, l’élaboration d’un PEI à bords épaissis est indiquée. Ceux-ci sont forcément en surextension et peut-être en surépaisseur, car l’empreinte est prise au repos sans animation fonctionnelle de la musculature. et la musculature périphérique (fig. 10) et, d’autre part, de combler les zones laissées libres par ce même jeu . De plus, ils autorisent des corrections aisées par soustraction à la fraise résine. L’opération est renouvelée une ou plusieurs fois avec le même produit ou avec un polyéther de viscosité plus basse jusqu’à l’obtention d'un réglage parfait du PEI correspondant à la réalisation concomitante d'un joint satisfaisant (fig. 11).

fig. 11 - Joints périphérique et postérieur obtenus.
fig. 10 - Surextensions ou surépaisseurs corrigées
fig. 11 - Joints périphérique et postérieur obtenus.